Anton Lundell chez le Canadien de Montréal : une comparaison retient fortement l'attention
Crédit photo: IMAGN IMAGES via Reuters Connect
Félix Séguin a lancé une comparaison intéressante lors de son passage au Sick Podcast. Le Canadien de Montréal verrait en Oliver Kapanen un joueur dans le moule d'Anton Lundell, le centre finlandais des Panthers de la Floride. Une comparaison flatteuse en apparence, mais qui mérite d'être nuancée soigneusement.
Lundell est un excellent troisième centre capable, en cas de besoin, de dépanner sur un deuxième trio. Il l'a d'ailleurs démontré la saison dernière en Floride, alors qu'il a dû assumer un rôle élargi pendant toute la campagne en l'absence d'Aleksander Barkov. Un joueur fiable, défensivement solide, capable de contribuer sans que la pression ne repose entièrement sur ses épaules.
Le problème de cette comparaison appliquée à la situation du Canadien, c'est précisément ce contexte. Les Panthers disposent de Barkov et de Sam Bennett pour porter le fardeau offensif. Lundell joue dans leur ombre et s'y épanouit parfaitement. À Montréal, Kapanen n'a pas ce luxe. Il se retrouve projeté sur le deuxième trio parce que personne d'autre n'est disponible pour occuper ce rôle, pas parce que c'est la position naturelle pour laquelle il est le mieux équipé.
Sa saison recrue de 22 buts et 37 points est honnête pour un premier tour de piste dans la LNH. Mais la part d'Ivan Demidov dans cette production demeure une question légitime que plusieurs observateurs posent. Kapanen a semblé dépassé par moments, particulièrement en séries où son utilisation a été minimale, même si la fatigue d'une première longue saison professionnelle explique en partie cette réalité.
Notons aussi que Lundell, qui est plus vieux que Kapanen, n'a jamais inscrit 22 buts en une saison dans la LNH, son sommet étant 18. Sur ce plan précis, Kapanen le devance déjà.
Oliver Kapanen comme deuxième centre du Canadien de Montréal : une solution par défaut qui expose les lacunes d'un été sans acquisition majeure
La vraie question que soulève cette comparaison est plus inconfortable. Si l'organisation voit Kapanen comme un troisième centre de type Lundell, pourquoi le positionne-t-on au centre du deuxième trio? La réponse est simple et inconfortable : parce que Kent Hughes n'a pas trouvé mieux cet été.
Ce n'est pas une critique de Kapanen lui-même. Le jeune Finlandais fait ce qu'on lui demande avec les outils qu'il possède. Mais l'occuper dans un rôle qui dépasse son niveau de développement actuel pour combler un vide que la direction n'a pas réussi à remplir sur le marché, c'est une façon risquée d'aborder la prochaine saison.
Lundell dans l'ombre de Barkov et Bennett, c'est une formule qui fonctionne parce que les deux éléments de protection sont en place. Kapanen dans l'ombre de Nick Suzuki, sans deuxième centre établi pour absorber la pression, c'est un scénario fondamentalement différent.
À 22 ans, Kapanen a clairement le temps de se développer et de progresser vers le profil qu'on anticipe pour lui. Le comparer à Lundell à ce stade est peut-être une façon honnête de circonscrire son plafond réaliste à court terme, plutôt qu'une promesse de grandeur à venir.
La vraie solution au problème du deuxième centre n'est toujours pas sur la glace de Brossard. Et c'est cette réalité-là qui devrait préoccuper les partisans du Tricolore, bien plus que le potentiel réel d'Oliver Kapanen.
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