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Stéphane Richer y va de troublantes infos aux dépens de l'état-major du CH!

10 septembre 2019
Big Georges Laraque soutient depuis des années que de nombreux joueurs dans la Ligue nationale, surtout des francophones, ne veulent pas venir jouer dans la grande métropole.

Il y a un peu moins de deux semaines, Réjean Tremblay, le réputé chroniqueur du Journal de Montréal, suite à une longue conversation avec Laraque, publiait un excellent texte au sujet des joueurs de la LNH qui ne voudraient pas venir jouer à Montréal (faisant allusion surtout aux joueurs francophones) en raison de la forte présence des médias.

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« Laraque n’a pas tort en apparence, mentionne Tremblay. Quand les joueurs entendent parler de la paranoïa du Canadien à propos des médias, ils ne poussent pas davantage leur réflexion. C’est fou à Montréal, se font-ils dire, c’est stressant; et pourquoi on irait se fourrer dans les problèmes? »

« C’est l’apparence. Mais en réalité, peu d’endroits dans la Ligue nationale sont aussi prévenants envers les joueurs d’une équipe. Les gens sont polis et gentils, jamais un joueur ne se fait agresser ou enguirlander dans un restaurant ou un endroit public. Il est toujours accueilli avec chaleur et admiration. Il ne se fait même pas achaler pour un autographe ou un selfie. Et si c’est le cas, par exception, les gens sont immensément polis et respectueux. »

Donc, les fans ne sont pas le problème.

Quant aux journalistes des vrais médias, connaissez-vous une ville où les reporters sont plus mignons et dociles qu’à Montréal ?

« Les grands réseaux de télévision, RDS et TVA Sports, sont partenaires avec l’Organisation. Ils payent plus de 60 millions chacun par année pour présenter les matchs des Glorieux, pensez-vous que les dirigeants des réseaux ont le goût de s’aliéner un partenaire qui les saigne à blanc? »

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« Ça donne une couverture gentille, complaisante et souvent conforme aux plans de l’Organisation. Les joueurs ne se font pratiquement jamais égratigner et je cherche encore un moment où on a pu être vicieux et méchant avec un de vos p’tits calinours. Même chose à la radio partenaire. Le patron est un partisan et un ami de l’Organisation et tout est rôdé au quart de tour. »

Vous pouvez consultez l'article complet de Tremblay > ici <

Puis, aujourd'hui, sous la plume expérimentée de Marc De Foy, nous apprenions les confidences du dernier joueur à avoir compté 50 buts avec le Tricolore, Stéphane Richer.

Il y a longtemps que les joueurs nous balancent des banalités à Montréal. Les directeurs généraux qui se sont succédés depuis Bob Gainey exhortent les joueurs à en dire le moins possible. Cette consigne fait en sorte que les joueurs sont devenus méfiants et carrément peureux.

Richer a plein d’anecdotes. Alors que Donald Beauchamp était vice-président aux communications, poste occupé par Paul Wilson depuis l’an dernier, il s’est présenté un jour à une séance d’entraînement à Brossard.

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« Donald m’a fait signe de monter sur la tribune de presse », de relater Richer.

« Berg (Marc Bergevin) a fait un drôle d’air en me voyant. Il ne veut pas voir d’anciens dans l’entourage de l’équipe. Je lui ai dit : “Calme-toi, je ne suis pas à la recherche d’un scoop. J’ai ajouté que j’étais venu voir Donald et il est parti à rire”. »

Tout le monde sait que Bergevin était le boute-en-train des nombreuses équipes avec lesquelles il a évolué. Il allégeait l’atmosphère dans le vestiaire.

On se rappellera la danse qu’il avait faite lorsque Dale Weise avait donné la victoire au Tricolore en prolongation lors du premier match des séries de 2014 à Tampa. La télévision avait montré les images en boucle aux infos, mais Bergevin était embarrassé le lendemain.



Ce n’était pas digne d’un directeur général, m’avait-il dit. Je lui avais répondu qu’au contraire, les amateurs avaient raffolé de sa réaction et que ça faisait du bien de voir un DG se laisser aller à ses émotions.

Pour une raison qu’il est seul à connaître, Bergevin a adopté une attitude austère. Il met constamment ses joueurs en garde contre les journalistes et un peu tout le monde.

« Les joueurs ont tous peur de parler », affirme Richer.

« Lors d’une soirée pour les abonnés de saison l’an dernier, la direction avait invité des anciens. Patrice Brisebois, Guy Carbonneau, Réjean Houle, Yvon Lambert et moi étions assis entre les joueurs dans le vestiaire.

« Marc [Bergevin] vérifiait quel joueur me parlait. Je lui ai dit : “Relaxe !” On a bâti ce building avant eux. Les autres joueurs ne parlaient pas fort. »

Encore hier matin, Richer a vu des choses qui l’ont désarçonné. « Va faire un tour en bas dans le vestiaire », m’a-t-il lancé.

« Les Finlandais sont ensemble dans un coin. Les joueurs ont leur cellulaire. Ils ne veulent pas monter. C’est triste à voir. »

Richer dit ne pas être en quête d’un travail, mais il aimerait bien pouvoir partager son expérience de la vie montréalaise d’un joueur du Canadien avec les membres de l’édition actuelle.

« Je me suis déjà assis devant un café avec Max Pacioretty », raconte-t-il encore. « Il connaissait mon histoire, mais il était tellement gêné et renfermé. Marc [Bergevin] était très content, cette fois-là, que j’aie pris le temps de discuter avec Max.

« J’aurais bien voulu parler aussi à Alex Galchenyuk. C’est tout un joueur de hockey, ce gars-là. »

Richer y va d’ailleurs d’une prédiction.

« Galchenyuk et P.K. vont affronter le Canadien quatre fois chacun cette saison », souligne-t-il.

« Ils vont faire perdre des points au Canadien. Ils seront « crinqués » à mort. Ils vont tout faire pour gagner. » concluait Richer.

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Mêmes propos pour David Desharnais...

Réjean Tremblay était à Balachikha en octobre dernier. Dans le vestiaire de l’Avangard de Bob Hartley, il jasait avec Maxime Talbot et David Desharnais. Talbot avait du plaisir et répondait aux questions. David était renfermé et alignait des lieux communs.

À un moment donné, c’était tellement évident que cet homme brillant et articulé était pogné avec de vieux réflexes que Tremblay lui ai lancé : « David, t’es pas au Centre Molson ou Bell ici. T’as le droit de penser et de parler ».

Il a figé sur place et après un long moment de réflexion, il a répondu : « J’ai tellement été brainwashé que je suis resté conditionné ». Il en était gêné.
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